Afrique Centrale : L’Hydromet, un allié du développement durable

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Les ressources naturelles de l’Afrique centrale sont de plus en plus menacées par les conséquences du changement climatique.

vec sa grande variété de paysages, son littoral riche en ressources naturelles et ses forêts qui constituent le deuxième plus grand poumon écologique de la planète, après l’Amazonie, l’Afrique centrale offre d’énormes atouts économiques et environnementaux.
Seule ombre au tableau, les pays de cette région qui s’étend du Tchad au nord, jusqu’à l’Angola au sud, sont confrontés à un climat toujours plus instable avec des sécheresses et des inondations de plus en plus fréquentes.
Comme 70% des habitants de la région, surtout les pêcheurs et les agriculteurs, Rosaline Dossou a été affectée de plein fouet par ces phénomènes climatiques extrêmes. «Pourquoi, ces derniers temps, la pêche est moins fructueuse?», s’étonne cette revendeuse de poissons au Centre d’appui à la pêche artisanale d’Oloumi à Libreville.

Une mobilisation commune à un défi commun
Pour relever ces défis qui pèsent lourdement sur les ressources et l’économie de cette partie du continent, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a réuni autour du Forum Hydromet à Libreville, les 11 pays de la région, avec le soutien du gouvernement gabonais et de ses partenaires. L’objectif ? Permettre à tous les États de la sous-région de protéger leurs populations et de préserver leurs précieuses ressources naturelles, en mettant en place une plateforme commune de prévention des risques environnementaux et des risques de catastrophes naturelles. «En mutualisant leurs efforts pour créer des services hydrométéorologiques pour l’ensemble de l’Afrique centrale, nos pays pourront anticiper des phénomènes comme les inondations et les sécheresses et prévenir la population à temps pour qu’elle se prépare», explique Justin Ndoundangoye, ministre gabonais des Transports et de la Logistique. «Cela évitera de nombreuses pertes humaines et matérielles».

Au-delà de l’engagement de la CEEAC, tous les pays, les structures locales de développement, divers organismes et organisations internationales, les chercheurs universitaires, ainsi que les entreprises privées, sont mobilisés pour l’amélioration des services hydrométéorologiques, car il s’agit d’un enjeu collectif.
«Dans de nombreuses régions d’Afrique, les équipements Hydromet sont obsolètes et jusqu’à présent, les investissements pour améliorer ces services ont été faibles», souligne Marie-Chantal Mfoula, secrétaire générale adjointe chargée du Département de l’intégration physique, économique et monétaire à la CEEAC. «En modernisant nos services hydrométéorologiques, nos pays pourront avoir des informations essentielles sur les conditions météorologiques, hydrologiques et climatiques afin de prévoir les catastrophes naturelles et de prendre des mesures préventives pour protéger les infrastructures publiques essentielles dans lesquelles nous avons investi».

Un outil indispensable pour gérer et limiter les risques
À terme, les communautés locales pourront accéder en temps réel aux prévisions et aux outils météorologiques, notamment par le biais d’alertes à la radio ou sur leur téléphone portable. Un outil particulièrement précieux pour les pêcheurs et les agriculteurs. Cela permettra par exemple à un agriculteur de mieux planifier les dates de ses travaux agricoles et de s’organiser pour limiter les pertes en cas d’annonce de sécheresse. «En donnant la parole aux organisations de la société civile, ce forum encourage les bonnes pratiques au sein des communautés», constate Marie Tamoifo, activiste environnementale camerounaise. «Cela nous permet de mettre en œuvre des actions concrètes pour améliorer la gestion des catastrophes».

Le forum Hydromet s’est conclu par l’élaboration de recommandations et d’une feuille de route pour les pays d’Afrique centrale, qui s’articule autour de trois grandes priorités : Accélérer la mise en place du Centre d’application et de prévision climatologique de l’Afrique centrale (CAPC-AC) et les moyens nécessaires à son fonctionnement ; développer un mécanisme de coordination des projets hydrométéorologiques en Afrique centrale pour encourager le partage des meilleures pratiques et éviter les doublons ; obtenir de la part des partenaires au développement les financements nécessaires pour mettre en œuvre le projet de démonstration des prévisions des conditions météorologiques extrêmes (SWFDP) en Afrique centrale.

Convaincus que les services hydrométéorologiques représentent un allié incontournable du développement durable de leur région, les pays d’Afrique centrale espèrent qu’en intégrant la vie quotidienne de tous leurs citoyens, ces services leur permettront de s’adapter à une nouvelle réalité climatique et de devenir plus résilients socialement et économiquement.

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