Conjoncture/Afrique subsaharienne : Le FMI décline sa thérapie pour assurer la reprise économique

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Selon le Fonds monétaire international (FMI), la reprise économique se poursuit en Afrique subsaharienne, mais les perspectives de croissance sont sensiblement différentes selon les pays.

L’institution onusienne indique à cet effet, dans l’un de ses récents rapports, que la détérioration de l’environnement extérieur et la nécessité de maîtriser la vulnérabilité liée à la dette compliquent davantage le financement du développement et de l’investissement. Et qu’en outre, il convient de chercher principalement à augmenter les recettes intérieures, à approfondir l’intégration commerciale, à faciliter l’investissement, à accroître la productivité et à renforcer la résilience aux chocs. Quoique sur fond de grande incertitude, la reprise économique devrait se poursuivre en Afrique subsaharienne : la croissance devrait passer de 3,0% en 2018 à 3,5% en 2019. Cependant, cette croissance à l’échelle de la région masque des différences considérables entre les perspectives des différents pays, note le FMI dans son dernier rapport sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne. 21 pays de la région, principalement ceux dont l’économie est plus diversifiée, devraient connaître une croissance de plus de 5% et voir leur revenu par habitant augmenter plus vite que celui du reste du monde en moyenne à moyen terme.

Cependant, les autres pays, à savoir principalement des pays riches en ressources naturelles, y compris les plus grands pays de la région (Afrique du Sud et Nigéria), devraient enregistrer une amélioration plus lente de leur niveau de vie. «Des vents contraires extérieurs et intérieurs freinent les perspectives de croissance», note Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI. Et d’ajouter que «l’expansion mondiale perd de sa vitesse, notamment chez les principaux partenaires commerciaux de la région, comme la Chine et la zone euro; les tensions commerciales persistent et les conditions financières mondiales et les prix des produits de base sont volatils. La vulnérabilité liée à la dette publique demeure élevée dans certains pays, de même que les prêts improductifs, en partie parce que les pouvoirs publics ont accumulé des arriérés intérieurs considérables.»

Aemro Selassie souligne deux implications générales. Pour les pays à croissance rapide, comme le Bénin, l’Éthiopie et le Sénégal, il est nécessaire que le secteur privé remplace le secteur public comme moteur de la croissance. Dans bon nombre de ces pays, l’investissement public a favorisé une croissance élevée, tout en accroissant régulièrement aussi la dette publique. Dans les pays plus riches en ressources naturelles et à croissance plus lente, tels que l’Afrique du Sud, l’Angola et le Nigéria, il est urgent de prendre des mesures indispensables pour s’adapter à la baisse des prix des produits de base et faciliter la diversification des économies. Il serait utile aussi d’agir rapidement pour s’attaquer à l’incertitude entourant les politiques économiques qui freine la croissance.
Globalement, les pays d’Afrique subsaharienne doivent trouver un équilibre délicat entre la maîtrise de la dette publique, l’investissement dans le capital humain et physique, et l’accroissement des recettes.

Il convient d’agir rapidement sur le front budgétaire pour accroître les recettes fiscales, améliorer la gestion des finances publiques et rendre les dépenses plus efficientes; ainsi que sur le front commercial pour réduire les obstacles non tarifaires et approfondir l’intégration commerciale régionale (notamment dans le contexte de la zone de libreéchange continentale africaine).
Il est nécessaire aussi d’opérer des réformes pour faciliter l’investissement privé, accroître la productivité, notamment en promouvant la diversification et la compétitivité des exportations, et renforcer la résilience aux chocs climatiques. Les effets dévastateurs du cyclone Idai, qui a décimé les infrastructures physiques et les terres cultivables, et causé des souffrances énormes pour les 2,6 millions de personnes touchées en Afrique australe, mettent en évidence la vulnérabilité de la région aux catastrophes climatiques.

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