Finances : La BEAC décline sa responsabilité sur le plafonnement des transferts d’argent

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Le gouverneur de la banque centrale des pays de la CEMAC soutient que c’est aux banques commerciales d’avoir les liquidités extérieures pour assurer lesdits transferts.

Depuis quelques semaines, les personnes vivant au Gabon rencontrent des difficultés pour faire des transferts d’argent vers l’extérieur. Des opérateurs comme MoneyGram, Western Union et autres leur imposent en effet un plafonnement variant entre 250 000 FCFA et 500 000 FCFA. Une situation qui met à mal les transactions financières des usagers. «Depuis le 21 janvier dernier, nos clients sont soumis à des plafonnements d’envoi, pour les opérations de transfert d’argent uniquement. Les mesures de plafonnements ont été prises pour le cas de MoneyGram, par notre maisonmère… », avait alors confié l’administrateur général dans les colonnes du quotidien progouvernemental L’Union. Une situation due, selon les explications qui avaient suivi, à un problème de compensation. Les économistes expliquent que les difficultés de transfert d’argent via ces agences sont simplement liées à la raréfaction des devises dans le système financier. De manière plus simple, les opérateurs de transfert d’argent s’appuient sur les banques commerciales qui sont incapables de satisfaire les clients puisqu’elles n’ont plus assez de devises pour compenser les transactions effectuées.

Du coup, la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC), gendarme du secteur dans la sous-région, a été indexée par différents acteurs estimant que la décision de cette institution de durcir les conditions d’accès aux devises par les banques auprès de la BEAC est le principal facteur qui a conduit à cette situation. Liquidités extérieures Ce que vient de démentir l’instance financière. A la suite des réunions du Comité monétaire et financier du Gabon et du Conseil national du crédit tenus le 22 février, le gouverneur de la BEAC a décliné «la responsabilité» de cette institution dans le «blocage» sur les transferts internationaux d’argent. «Ce n’est
pas à la COBAC de réaliser les transferts d’argent. Tous les transferts, que cela soit des particuliers ou des Werstern Union ou MoneyGram ou autres structures financières, se passent à travers les banques primaires (…) C’est aux banques commerciales de justifier ces transferts et avoir des liquidités extérieures pour assurer ces transferts»
, a expliqué Mahamat Abbas Tolli, par ailleurs président de la COBAC.

Pour lui, les mesures prises par la COBAC rentrent dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent dans la sous-région, et il appartient donc aux opérateurs économiques de cette filière de justifier que ces transferts n’ont aucun rapport avec le blanchiment d’argent. Rappelons qu’en juin 2018, la COBAC a exigé que les banques de la CEMAC rapatrient et rétrocèdent à la BEAC l’ensemble des actifs en devises étrangères qu’elles détenaient. Depuis, pour avoir des devises, ces banques commerciales doivent faire une demande à la Banque centrale. Mais, ce n’est pas toujours évident de les avoir. Tensions de trésoreries Pour revenir aux difficultés rencontrées par les usagers en ce qui concerne les transferts d’argent, la conclusion est donc que les banques et les opérateurs de la filière font simplement face à des tensions de trésorerie. «Dans un contexte de raréfaction de devises, ces établissements ne peuvent servir leurs clients au-delà de ce qu’ils possèdent.

Les responsables de ces structures ont certainement dû mettre en place ces restrictions pour assurer un service minimum», analyse l’économiste Mays-Mouissi. La raréfaction des devises a des conséquences fâcheuses. Sur le plan social, l’impact le plus flagrant sera constaté sur les étudiants gabonais à l’étranger, qui vivent essentiellement des transferts d’argent effectués par leurs proches depuis le pays. L’économie aussi va subir un coup, puisque de nombreuses entreprises ayant des contreparties à l’international seront bloquées dans leurs activités.

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