Les faibles recettes d’exploitation plombent les réserves de change

Partager...
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter

Le président de la Commission de la CEMAC estime que des avancées ont été observées l’année dernière en termes d’intégration, mais les pays de la sous-région paient encore le tribut de la mauvaise foi des grosses multinationales exploitant les ressources naturelles au sein de la communauté.

La Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) avance petit à petit dans son processus d’intégration sous-régionale des six pays que sont le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Congo et le Tchad. Le président de la Commission de la CEMAC l’a relevé en mijanvier lors d’une réunion de cabinet qu’il présidait. Pr. Daniel Ona Ondo s’appuie principalement sur certains acquis observés au sein de l’espace communautaire. Selon lui, la Commission n’est plus dans l’errance et travaille de manière coordonnée et effective, avec de plus en plus l’appui effectif des pays membres. La libre circulation,
avec le passeport biométrique est effective, même si elle ne l’est pour l’instant que pour quatre pays. La fusion des deux places boursières est en très bonne voie, tandis que le taux de croissance de la CEMAC a évolué. Des motifs de satisfaction brandis par la Commission.

Pourtant, le processus d’intégration sous-régional a encore des actes importants en attente d’implémentation réelle. Ce qui reste en travers de la gorge du président de la Commission de la CEMAC. Raison d’ailleurs pour laquelle il effleure à peine la problématique du rapatriement des recettes d’exportations des ressources minières par les grandes multinationales. Ce qui plombe la reconstitution des réserves de change des pays de la sous-région. Invités à mobiliser leur contribution légale à cet effort communautaire, les patrons des compagnies qui exploitent les ressources dans la sous-région rechignent à le faire.

Entre temps, lesdites réserves, logées dans le compte des opérations du Trésor français, sont en chute libre. D’après un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI), elles sont passées de 6 000 milliards FCFA en 2010 à 2 000 milliards FCFA en 2016. Pr. Daniel Ona Ondo décrie le fait que certaines compagnies ne respectent pas le dispositif juridique et réglementaire, pourtant obligatoire, mis en place au sein des pays membres de la CEMAC. «Plusieurs entreprises, au mépris de cette disposition, ignorent leurs responsabilités et privent les Etats d’importants moyens financiers », déplore-t-il.

C’est un gros caillou dans la chaussure de la CEMAC. A telle enseigne que le président de la Commission avait saisi la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, pour s’inquiéter de la fuite des capitaux et la diminution des réserves de change dans la zone. Pr. Ona Ondo explique que «ces phénomènes conduisent à une spéculation accrue et ne sont pas de nature à encourager une reprise plus rapide». Dans ce plaidoyer, le président de la Commission de la CEMAc avait été soutenu par le ministre de l’Economie du Gabon, Jean Marie Ogandaga, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli, et le secrétaire général de la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC).

Il avait été souhaité un relai de ce plaidoyer auprès des grandes entreprises présentes dans la sous-région afin d’assurer le rapatriement des fonds, en tenant compte de l’amélioration de la situation économique. Malgré ce problème majeur pour les économies des pays de la CEMAC, l’on se veut optimiste au sein de la Commission. Pour l’exercice 2019, Pr. Daniel Ona Ondo s’est donné pour cheval de bataille la redynamisation
du Programme économique régional; un aspect important au moment où quatre des six pays sont sous ajustement structurel avec le FMI. L’agenda prévoit également, entre autres, la Réunion des ministres de la Zone franc ; la rédaction d’un opuscule sur la crise en zone CEMAC ; la préparation de la feuille de route pour le nouveau président en exercice.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *