Numérisation du circuit budgétaire : Le Gabon souscrit à la donne

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Par la voix de son ministre délégué à l’Economie, Hilare Machima, la position du Gabon dans le processus de numérisation du développement de l’Afrique a été déclinée au terme des travaux de la 52ème session de la Conférence des ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique, qui se tenait à Marrakech au Maroc du 20 au 26 mars 2019.

Cette rencontre, qui a coïncidé avec le lancement du nouveau rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), aura constitué l’occasion pour cette institution de présenter l’urgence que les pays africains ont à tirer pleinement parti des technologies numériques. En effet, indique ledit rapport, grâce à la digitalisation et à la numérisation, les pays africains peuvent élargir et approfondir leurs bases de collecte des impôts et des recettes, afin de réaliser les objectifs de développement urgents.

Cette option a été d’autant plus appuyée par la Commission économique africaine qui a regretté le faible ratio recettes publiques/PIB du continent, qui était de 21,4% en 2018. L’institution onusienne souligne par ailleurs que le continent doit considérablement augmenter ce ratio, afin de financer de manière adéquate les programmes de développement nationaux cruciaux, ainsi que ceux énoncés dans l’Agenda 2030 et l’Agenda 2063.
Le rapport, dont le thème «La politique budgétaire pour le financement du développement durable en Afrique», affirme que les recettes publiques sur le continent peuvent augmenter de 12 à 20% du PIB grâce à une collecte rigoureuse des recettes fiscales et non fiscales, notamment en harmonisant la politique fiscale avec le cycle économique.

Cela devrait inciter les États à investir dans des institutions solides et des méthodes de collecte de données avancées, qui permettent de mieux contrôler les flux de revenus non fiscaux, tout en les incitant à s’aventurer dans des domaines difficiles à taxer tels que l’agriculture, le secteur informel et l’économie numérique.
En outre, réformer les systèmes d’administration fiscale en recourant à la numérisation devient une priorité pour les pays en voie de développement. Ce mécanisme permet également de s’abstenir de toute incitation fiscale improductive et de devenir très discipliné en matière de dette. Toutes des approches qui visent à élargir les ressources publiques au financement du développement en Afrique.
En outre, soutien ce rapport, grâce à la numérisation, le continent pourrait augmenter ses recettes fiscales de 99 milliards de dollars, soit 4,6% du produit intérieur brut (PIB) par an, s’il décidait rapidement de mettre en œuvre cette recommandation, selon le rapport.

Un engagement du Gabon
Pour le ministre gabonais délégué à l’Economie, Hilare Machima, le Gabon a bien conscience de tous ces avantages. Un certain nombre de dispositions ont d’ailleurs déjà été mises en œuvre pour implémenter les Technologies de l’information et de la communication (TIC), dans tous les aspects de la vie publique et sociale. Le pays fait d’ailleurs aujourd’hui partie du giron des leaders en la matière sur le continent. C’est dire que le Gabon, à l’instar des autres nations, souscrit totalement à cette donne.

A l’exemple du Rwanda qui a augmenté la collecte de ses recettes de 6% du PIB en introduisant la fiscalité électronique, et l’Afrique du Sud qui a utilisé les paiements d’impôts en ligne pour réduire les coûts de mise en conformité de 22,4%, tout en réduisant le délai de conformité à la taxe sur la valeur ajoutée de 21,8%, le Gabon entend pleinement s’arrimer à cette démarche.
A preuve, «la célébration de la journée nationale des droits des consommateurs, le 15 mars dernier, sous le thème ‘’L’utilisation des smartphones, opportunités et risques’’, constitue une marque d’engagement, et non des moindres, à ce processus de numérisation et la digitalisation qui facilitent aujourd’hui nos vies et nos modes de vivre», a indiqué Hilare Machima.

Toutefois, l’amélioration des résultats en matière de fiscalité et de recettes ne peut être basée uniquement sur l’efficacité fiscale. Elle devrait également reposer sur la prestation de services publics essentiels pour réduire les inégalités et encourager la croissance économique et la conformité, indique le rapport. Cela devrait donc aller de pair avec la lutte contre la corruption et le renforcement de la responsabilité, afin de réduire les inefficiences dans la collecte des impôts.

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