Artificialisation des sols : les projets de construction sur des terrains agricoles ont explosé l’année dernière

Le nombre d’opérations pour des maisons individuelles ou des zones d’activités a bondi de 23,5% en 2021, selon un rapport. Les propriétaires ont notamment anticipé les mesures contre la pression foncière prévues par la loi Climat votée en juillet dernier.

C’est un indicateur très fiable et il n’est pas encourageant pour la lutte contre le changement climatique. L‘artificialisation des terres l’an passé a fait un bond en avant en France dans les zones agricoles alors que le gouvernement a voté une loi « Climat et Résilience » sensée reduire la pression foncière. C’est l’aménageur des terres rurales en France, la Safer, qui lève le lièvre. Et c’est assez spectaculaire.

Dans son étude annuelle sur le prix des terres en 2021, la Safer note que la valeur des terrains agricoles pour la construction a flambé avec une augmentation de 30%. Et que le nombre d’opérations a aussi grimpé en flèche, de 23,5%. Il s’agit de projets à venir pour des maisons individuelles ou des zones d’activités. C’est un niveau de consommation du foncier inédit depuis 2009. Il s’explique par l’effet Covid-19 : le rattrapage des projets gelés et l’envie de nature. Mais pas seulement.

C’est aussi un effet loi Climat. Le texte voté en juillet 2021 prévoit de réduire sensiblement l’artificialisation des terres à partir de 2030. Les propriétaires auraient donc profité d’une fenêtre de tir, explique Loïc Jégouzo, adjoint au directeur des études de la Safer : « C’est l’anticipation des principes du zéro artificialisation nette qui a été édictée dans la loi climat et résilience qui prévoit, à horizon 2050, un zéro artificialisation nette et qui, dès 2031, prévoit une réduction de 50% de cette consommation d’espaces agricoles, naturels et forestiers. »

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